Dans le football, on montre vite du doigt la technique, le physique ou la tactique lorsqu’un joueur n’arrive pas à exprimer tout son potentiel. Pourtant, dans beaucoup de situations, c’est surtout le mental qui fait la différence entre ce qu’un joueur sait faire à l’entraînement et ce qu’il réussit réellement en match.
Certains se cachent dès que le niveau monte, d’autres n’osent plus prendre leurs responsabilités, ou s’énervent dès qu’une décision arbitrale leur paraît injuste. D’autres encore se sentent écrasés par l’enjeu ou le regard des entraîneurs et des parents.
Dans cet article, on va voir quatre situations très fréquentes dans lesquelles faire appel à un préparateur mental spécialisé dans le foot peut réellement aider un joueur à progresser.
1. Le joueur qui est bon à l’entraînement mais n’y arrive pas en match
C’est sans doute la situation la plus fréquente : le joueur montre de belles choses à l’entraînement, mais en match, le comportement n’a plus rien à voir.
On observe par exemple :
- des passes plus simples, par peur de perdre le ballon,
- des duels évités,
- des frappes hésitantes ou non tentées,
- un positionnement plus passif, loin du ballon.
Le problème n’est pas la technique en soi, mais la façon dont le joueur vit la compétition : peur de faire une erreur, peur du regard de l’entraîneur ou des parents, difficulté à accepter le risque.
Le travail en préparation mentale permet de :
- clarifier ce qui se passe dans la tête du joueur avant et pendant le match,
- identifier les pensées et les peurs qui le freinent,
- construire des repères simples pour l’aider à rejouer en match le même football qu’à l’entraînement.
L’objectif n’est pas de le transformer en joueur “spectaculaire”, mais de lui permettre d’oser ce qu’il sait déjà faire, dans les bons moments, sans être paralysé par la peur de mal faire.
2. Le joueur qui n’ose plus prendre ses responsabilités
Certains joueurs ont le niveau technique pour prendre des responsabilités (tirer les coups de pied arrêtés, organiser le jeu, finir les actions…) mais n’osent plus le faire en match.
Les causes possibles :
- une baisse de confiance après quelques matchs ratés,
- des remarques répétées (“tu rates trop”, “tu joues trop compliqué”),
- l’arrivée de nouveaux joueurs dans l’équipe,
- la peur de décevoir l’entraîneur ou les coéquipiers.
Dans ce cas, le préparateur mental va travailler avec le joueur sur :
- ce que signifie réellement “prendre ses responsabilités” dans son poste,
- la différence entre jouer pour ne pas se tromper et jouer pour être utile à l’équipe,
- des repères concrets pour décider quand il doit oser (tirer, tenter une passe plus difficile, aller au duel…).
On cherche à ce que le joueur retrouve un équilibre entre sécurité et prise d’initiative, en lien avec ce que demande son poste et le projet de jeu de l’équipe.
3. Le joueur qui s’énerve vite ou sort de son match
Chez d’autres joueurs, le problème n’est pas l’hésitation mais plutôt l’énervement :
- contestation régulière des décisions arbitrales,
- gestes d’humeur après une faute subie,
- reproches répétés aux coéquipiers,
- difficultés à se reconcentrer après une erreur.
Une action mal vécue peut alors faire perdre plusieurs minutes de jeu, voire toute une mi-temps.
Le travail de préparation mentale vise à :
- identifier les situations qui déclenchent le plus souvent la frustration (erreurs, injustice perçue, remarques, etc.),
- aider le joueur à reconnaître les premiers signaux (tension corporelle, dialogue interne, impulsions),
- mettre en place une stratégie de retour au jeu : respiration, petits rituels, mots-clés simples, focalisation sur la tâche suivante.
L’objectif n’est pas de “couper” toute émotion, mais de réduire la durée pendant laquelle le joueur n’est plus dans le match.
4. Le joueur qui ressent une forte pression (sélections, montée, regard des autres)
À mesure que le niveau et les enjeux augmentent (sélections, montées, finales, regards des recruteurs…), certains joueurs ressentent une pression importante :
- peur de ne pas être à la hauteur,
- focalisation excessive sur le résultat,
- difficulté à dormir la veille de match,
- ressenti de “jouer sa saison sur un match”.
Cette pression peut venir :
- de l’extérieur (parents, entraîneurs, club),
- mais aussi du joueur lui-même (“je n’ai pas le droit de me rater”, “je joue mon avenir”).
Le rôle du préparateur mental est alors de :
- aider le joueur à distinguer ce qui dépend de lui (effort, attitude, repères sur le terrain) de ce qui ne dépend pas de lui (sélection finale, discours des autres),
- clarifier les objectifs de match en termes d’attitudes et de comportements,
- construire une routine d’avant-match pour mieux encadrer cette pression (préparation mentale, gestion de l’activation, repères de concentration).
Le but : que le joueur puisse rester lui-même dans les matchs à enjeu, sans être écrasé par l’idée qu’il joue “sa carrière” à chaque rencontre importante.
Faut-il attendre d’être en centre de formation pour travailler le mental ?
Non. La préparation mentale n’est pas réservée aux joueurs professionnels ou en centre de formation. Elle devient pertinente dès que :
- le joueur est engagé dans un projet de progression en club ou en structure,
- la compétition occupe une place importante dans son parcours,
- des difficultés mentales se répètent (frustration, peur, blocages, manque d’engagement…).
Travailler le mental plus tôt permet souvent de :
- éviter que certains blocages ne s’installent,
- donner au joueur des repères stables pour les années suivantes,
- rendre le projet plus durable (plaisir, équilibre, gestion de la pression scolaire et sportive).
L’idée n’est pas de “professionnaliser” trop tôt, mais de donner un cadre clair à ce qui se joue dans la tête du joueur en compétition.
Comment se déroule un accompagnement en préparation mentale pour un joueur de foot ?
Chaque joueur est différent, mais le cadre d’un accompagnement suit souvent la même logique.
1. Un premier échange pour comprendre la situation
Tout démarre par un entretien d’environ 30 minutes, souvent en visio :
- avec le joueur,
- et, pour un mineur, avec au moins un parent.
Cet échange sert à :
- préciser le contexte (club, niveau, poste, projet),
- identifier les situations problématiques en match,
- clarifier ce que souhaite le joueur (et ce qu’attendent les parents),
- expliquer la démarche de préparation mentale.
À l’issue de cet entretien, on décide ensemble si un accompagnement est pertinent et sous quelle forme (séances régulières, accompagnement mensuel, etc.).
2. Un travail régulier entre les matchs et les entraînements
Les séances s’organisent ensuite autour :
- de l’analyse de matchs récents (ce qui a bloqué, ce qui a bien fonctionné),
- d’exercices pour mieux repérer ce qui se passe avant, pendant et après les matchs,
- de la mise en place progressive d’outils concrets (routines, repères, imagerie, dialogue interne, etc.).
L’idée est que le joueur teste ces outils à l’entraînement et en match, puis les ajuste avec le préparateur mental pour les rendre de plus en plus automatiques.
3. Un cadre clair pour le joueur, les parents et l’entraîneur
Pour que le travail soit efficace, il est important que chacun sache :
- ce qui se travaille en séance,
- le rôle des parents (soutien, cadre, échanges),
- ce qui est partagé ou non avec l’entraîneur.
Le préparateur mental peut, si tout le monde est d’accord, échanger ponctuellement avec l’entraîneur ou le club pour que le travail reste cohérent avec le projet sportif du joueur.
Dans quels cas un préparateur mental n’est pas la bonne solution ?
Il est utile de rappeler que la préparation mentale n’est pas adaptée à toutes les situations.
Ce n’est pas :
- une solution pour régler des conflits structurels dans un club,
- une réponse unique à des difficultés scolaires importantes,
- un substitut au travail technique, tactique ou physique,
- une thérapie lorsqu’il existe des difficultés personnelles profondes en dehors du sport.
Dans ces cas, un travail complémentaire (avec l’entraîneur, le club, éventuellement d’autres professionnels) peut être nécessaire.
Envie de faire le point sur la situation d’un joueur ?
Si vous reconnaissez votre situation (ou celle de votre enfant) dans l’une des quatre situations décrites plus haut, un premier échange peut permettre de clarifier les choses :
- ce qui relève du mental,
- ce qui relève du jeu et de l’environnement,
- ce qu’il serait possible de mettre en place.
Je propose un premier rendez-vous en visio pour faire le point, expliquer la démarche et décider ensemble s’il est utile de démarrer un accompagnement en préparation mentale.
Depuis cette page, vous pouvez :
- découvrir plus en détail l’accompagnement en préparation mentale pour les joueurs de football ;
- consulter les formules et tarifs de la préparation mentale ;
- ou prendre directement un rendez-vous en ligne via Resalib.
Pour approfondir la question de la gestion des émotions en compétition, vous pouvez également lire mon article sur la gestion de la frustration dans le sport.
A propos de l'auteur

Samuel Bouey
J’accompagne des sportifs et des jeunes compétiteurs (tennis, football, natation, boxe…) sur la gestion du stress, la confiance et la stabilité mentale en compétition, pour les aider à jouer à leur vrai niveau le jour important.
Disponible à Dunkerque ou partout en France en visio


